HISTOIRE DU HAVRE – Sous la direction d’Eric Saunier et John Barzmann

Que n’as -t-on pas entendu ou dit ici ou là sur les 500 ans de la création du Havre. Et pourtant, s’ il est un grand inconnu qui est systématiquement oublié de cet anniversaire, c’est bien la Classe Ouvrière qui a fait les richesses de la cité. La nomination de son maire comme 1er ministre du 1er gouvernement Macron n’y changera rien, la Ville du Havre est profondément celle des salariés.ées qui la compose.

Jusqu’ici, c’est surtout notre ami et adhérent Jean Legoy qui dès le début des années 80 avait évoqué dans ces trois tomes du « PEUPLE DU HAVRE ET SON HISTOIRE » ou dans « Cultures Havraises » (1895-1961) édité en 1986 cette histoire sociale. Plus tard, les historiens/chercheurs:  John Barzman, Eric Saunier, Claude Malon , eux aussi membres de notre Institut et souvent de notre Conseil scientifique prendront le relai.

Avec ce dernier opus paru dernièrement: Histoire du Havre , profitant opportunément de cet anniversaire, nos amis rejoins par d’autres enseignants chercheurs, reviennent sur cet histoire plus complètement et surtout en y ajoutant des éléments jusqu’ici peu abordés comme les origines de la ville dans la Préhistoire (Jean-Pierre Watté), la période romaine (Jean -Noël Castario), le Moyen âge (Danièle Sansy).

Lors de la présentation publique de leur ouvrage à la librairie « La Galerne » le 18 mai dernier, John Barzmann c’est hasardé à comparer Le Havre à Marseille et surtout aux contrastes qui caractérisent les deux ports. Le Havre d’après lui, n’est pas une citée qui sera marqué par des migrants arrivant pas bateaux et Claude Malon de souligner que le port du Havre, comme toute ville portuaire à des avantages et des inconvénient notamment dans toutes les guerres. La cité a eut à souffrir des 3 guerres; franco-prussienne, avec son isolement, 14/18 par une surpopulation (35 000 personnes travaillaient par et pour la guerre, et souvent des femmes) et il y eut 7500 tués, et 39/45 avec leurs sujets tabous et conflictuels (la collaboration et la vrai nature du Havre occupé, la résistance etc) ce qu’il a été convenu d’appeler Le Havre: Vichy sur seine, et la collaboration économique. Eric Saunier, à cette occasion devait montrer que deux chapitres du livre étaient consacré à la modernité du Havre. On soulignera, dans le chapitre de Christian Chevandier sur les pratiques culturelles, l’encadré sur notre camarade Jean- Marie Huret qui joua, avec d’autres un rôle incontestable dans l’émancipation de la Classe ouvrière. On peu aussi penser, qu’il n’aurait pas été inutile de rappeler le rôle joué par la municipalité communiste dirigée par André Duroméa et son adjoint Maurice Schléwitz dans la création de l’Université du Havre. Dans le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier il est rappelé que :  » Pendant ses mandats, Maurice Schléwitz fut un acteur majeur du développement universitaire du Havre, dès 1969, avec l’édition d’un document qui montrait la nécessité pour l’avenir de la ville, de sa jeunesse et de son économie, du développement des enseignements supérieurs. Or il y avait un Institut universitaire de technologie, une école de Commerce, un Institut supérieur des techniques d’Outre Mer et l’école d’Hydrographie qui formait les officiers de la marine marchande. Schléwitz fut à l’initiative, aux côtés d’universitaires intervenant à l’IUT, de la création du département des Affaires internationales, unique en France, ouvert en 1973 dans une école élémentaire désaffectée, dépendant de la faculté de droit de Rouen. Les cours étaient assurés par des universitaires de Rouen et l’intégralité des coûts était à la charge de la ville du Havre, puis du syndicat intercommunal de la région havraise. L’université de plein exercice à la Porte Océane fut officialisée en 1984. »

Cette réserve faite, on appréciera cette nouvelle édition des éditions Privats qui remplace aisément et fort opportunément la précédente paru en 1983. Ce livre s’attachant en effet à étudier comment LE HAVRE est devenu au gré de ces 500 ans d’existence, une métropole maritime internationale, qui ne cessent, grâce à ses forces vives de se développer.

Rendons hommage aux auteurs qui ont su faire un livre agréable à lire et, au combien utile pour les jeunes générations: John Barzmann,professeur émérite à l’Université du Havre,   Jean-Noël Castorio, agrégé à l’Université et maitre de conférences en histoire ancienne, Christian Chevandier , professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Havre, Claude Malon, Docteur de l’Université Paris-Sorbonne-Paris IV, Danièle Sansy, maitre de conférences en histoire médiévale à l’Université du Havre, Éric Saunier, maitre de conférences en histoire moderne à l’Université du Havre, Jean-Pierre Watté, archéologue honoraire du Muséum du Havre, Eric Wauters, professeur d’histoire moderne à l’Université du Havre.